E-books : la qualité est-elle au rendez-vous ?

Publié le par actualitesdulivrenumerique

Si vous vous intéressez aux livres numériques, vous n'avez pas pu rater la fameuse polémique autour du Goncourt de cette année, L'art français de la guerre de Alexis Jenni, dont la version e-book était truffée de fautes. Plus que les lecteurs, ce sont les « pirates » de Team Alexandriz qui ont fait gonfler l'affaire, en corrigeant les fautes pour leur version pirate gratuite mais surtout en soulignant celles-ci par un florilège.

 

Fautes-Goncourt.png

 

 

Bien que certaines de ces fautes soient typique des OCR (logiciels de reconnaissance de caractères) utilisés pour numériser les livres, il semblerait que ces pratiques n'existent pas chez Gallimard ou du moins qu'elles ne soient pas la cause de ces coquilles. Pour affirmer cela, on ne se base pas uniquement sur le démenti d'Eric Marbeau interrogé à ce sujet par l'Express, mais sur le fait que ces fautes se retrouvent également dans la version papier, ce qui s’avère tout aussi problématique, voir plus, car elles sont plus difficiles à corriger. Aldus ne considére pas ce nombre de coquilles comme exorbitant, et les pirates de Team Alexandriz, quelque peu dépassés par le « buzz » qu'ils ont créés, déclarent eux aussi : « la plupart des ebooks commerciaux que nous traitons sont dans le même cas, et L’art français de la guerre s’en tire même plutôt bien par rapport à d’autres ». (Source : http://www.teamalexandriz.org/un-pave-dans-la-mare-correction-2/). Voilà donc un problème récurrent et important qui risque beaucoup de freiner l'achat des livres numériques. En effet, avec les e-books, les acheteurs prennent conscience d'un chose : ils n’achètent pas l'objet livre, mais bel et bien le contenu. Alors comment expliquer le prix, souvent jugé trop élevé, du livre numérique, si en plus ce contenu n'est pas viable ?

 

Mais l'orthographe, la grammaire ou ce type de fautes n'est pas le seul problème de qualité qu'on rencontre dans les e-books. Jean-François de Mobilivres nous donne l'exemple du dernier roman d'Umberto Eco, Cimetière de Prague, qui pèse 15Mo, un poids exorbitant pour un livre numérique puisque qu'il cite Guerre et Paix à titre de comparaison et que celui ci ne pèse qu'1Mo. Un mauvais traitement du fichier peut donc entraîner un poids trop élevé nuisant aux promesses des distributeurs de l'appareil puisqu'on ne peut pas conserver dessus autant de livres que prévu mais aussi car ce poids excessif ralenti les fonctions de lectures comme le chargement d'une nouvelle page. Or il n'est rien de plus énervant pour un lecteur de devoir attendre une minutes que sa nouvelle page s'affiche alors qu'il était au milieu d'une phrase ou d'un scène passionnante, tandis qu'avec un livre papier il lui aurait fallu une seconde, à peine, pour pouvoir continuer sa lecture.

 

Pour finir sur ces problèmes de qualités, Clément Monjou, d'Ebouquins, attire aussi notre attention, images à l'appui, sur les problèmes de mises en pages et nous prouve que si on pouvait penser la présentation du livre secondaire par rapport à son contenu, elle est en fait importante. En effet, un e-book est d'une certaine façon comme un site internet : derrière un site internet clair et bien présenté se cache des lignes de code html et CSS, nettement moins esthétiques, mais desquelles dépend le visuel et la présentation du site. Pour les e-books c'est la même chose, des codes existent et ce sont d'eux que dépendent la mise en page de l'ouvrage électronique. Lorsque les livres change de format électronique, passant d'un fichier epub au format du Kindle par exemple, la mise en page peut changer, ce qui peut poser des problèmes, comme des pages de titre déstructurées, des chapitres collées les uns aux autres, etc (voir l'article d'Ebouquins cité plus haut). Mais parfois, ces problèmes ne viennent pas d'une conversion de format, mais bel et bien du code original. Le créateur du site lecteursencolere.com étudie de prêt ces codes et propose aux éditeurs de les aider dans leur confection. Il propose une « Whitelist » des éditeurs qui selon lui ont un bon code, et donc dont la qualité de mise en page d'e-books est bonne.

 

Pour conclure, nous dirons donc que la qualité sur le marché des e-books est inégale, et surtout qu'acheter chez un grand éditeur n'est pas forcément gage de cette qualité attendue, comme on le voit avec le Goncourt par exemple. On peut espérer qu'après ce genre de tollé et avec l'évolution des technologies et l'accroissement du marché, les éditeurs fasse plus attention sur ce point et améliorent leurs services.

 

 

 

Commenter cet article